Variante du col des Fours sur le TMB : tracé, difficulté et conseils

· 11 min de lecture

Vue isométrique d’une bifurcation alpine en haute altitude

La variante du col des Fours est l’alternative d’altitude à l’itinéraire classique du Tour du Mont Blanc entre le col de la Croix du Bonhomme et la Ville des Glaciers. Elle est plus courte en distance, mais plus sauvage, plus raide en descente et sensible à la neige tardive. Elle convient à des randonneurs à l’aise en terrain alpin, par temps stable. Voici comment la situer, l’évaluer et la glisser dans votre plan.

En bref

  • La variante quitte le tracé classique au col de la Croix du Bonhomme, passe par le col des Fours (autour de 2 650 à 2 700 m) et rejoint la Ville des Glaciers.
  • Comptez environ 7,5 km, 250 m de D+ et 900 m de D- selon une description de la variante, contre 9,5 km, 150 m de D+ et 900 m de D- pour le classique.
  • Plus courte ne veut pas dire plus rapide : le terrain est plus technique et les névés peuvent subsister tard en saison.
  • Elle se fait par beau temps, avec de l’expérience, et se décide le matin même après avoir regardé la météo et les conditions.
  • Notre planificateur permet d’intégrer la variante à l’étape, de recalculer les horaires et d’exporter le GPX.

Table des matières

Où la variante quitte le tracé classique, et où elle revient

Sur la troisième étape du tour dans le sens antihoraire, on monte depuis Les Chapieux jusqu’au refuge de la Croix du Bonhomme. C’est là que se présente le choix. D’après la fiche de la variante, la déviation part au niveau du col de la Croix du Bonhomme. Le tracé classique descend ensuite vers Les Chapieux côté Ville des Glaciers par le col des Bonhommes. La variante, elle, vise le col des Fours.

Le parcours se résume ainsi : col de la Croix du Bonhomme, col des Fours, puis descente vers un secteur de replat, passage de ruisseaux (dont celui des Tufs) et arrivée à la Ville des Glaciers, où les deux itinéraires se rejoignent. Un récit détaillé de cette étape suit exactement ce déroulé. Vous retrouvez ensuite le tracé commun vers le refuge Elisabetta et l’Italie.

Le col des Fours est décrit comme le départ d’une longue crête entre 2 600 et 2 700 m, en direction de la tête d’Enclave et du col des Tufs, d’après cette fiche des cols du TMB. Cette crête explique le caractère de la variante : on marche en altitude, loin des cabanes et des points de ravitaillement.

Pour situer l’étape complète dans votre tour, consultez notre page TMB étape 3 : Les Chapieux – Rifugio Elisabetta.

Distance, dénivelé et temps de marche

Les chiffres varient selon les sources et selon le point de départ choisi. Retenez des ordres de grandeur, puis vérifiez-les sur une carte et dans votre plan.

Critère Itinéraire classique (col des Bonhommes à la Ville des Glaciers) Variante par le col des Fours
Distance 9,5 km 7,5 km
Dénivelé positif 150 m 250 m
Dénivelé négatif 900 m 900 m
Temps indicatif environ 3 h 15 variable selon le niveau

Source des deux colonnes : la fiche comparative de la variante. La même page précise que le timing dépend du niveau, et qu’une distance plus courte ne garantit pas un trajet plus rapide.

Si vous raisonnez en journée complète, un itinéraire de la troisième étape entre le refuge de la Croix du Bonhomme et le refuge Elisabetta par le col des Fours annonce 14,76 km, 7 h 05 en moyenne, 1 011 m de dénivelé positif et un point haut à 2 671 m. Une autre description, du col des Bonhommes au refuge Robert Blanc, parle de 12 km, 1 200 m de D+ et 900 m de D-, mais elle prolonge la variante vers un autre refuge : ne mélangez pas les deux tracés quand vous comparez.

Chiffres des deux variantes avec leurs étapes distinctes

Le point à retenir pour votre planification : la variante ajoute surtout de la fatigue de terrain, pas seulement du dénivelé. Prévoyez une marge d’une à deux heures par rapport au temps du classique, surtout si vous marchez en groupe ou avec un sac chargé pour plusieurs jours.

Une difficulté de type montagne, pas de balade

La variante est plus « montagnarde » que l’itinéraire normal, selon un descriptif des variantes du TMB : l’enneigement tardif sur les versants du col et la recherche du passage entre les zones indiquées en sont les raisons. Un autre relevé des cols du tour décrit la descente après le col comme longue et escarpée dans sa première partie, avec des névés probables à cette altitude.

Concrètement, anticipez :

  • Une montée peu technique mais exposée aux névés. Un compte rendu de randonneurs sur une sortie en début de saison évoque une montée sans grosse difficulté, avec la traversée d’un gros névé pour atteindre le col.
  • Une descente raide. Le dénivelé négatif de 900 m se concentre sur un terrain qui sollicite les genoux, les cuisses et les bâtons.
  • Un repérage parfois délicat. Les sentiers sont moins marqués que sur le tracé principal, surtout quand la neige fond ou en cas de brouillard.
  • Peu de points d’eau en haut. Remplissez vos gourdes avant la montée et gérez votre réserve selon la chaleur.

Ce n’est pas une voie d’alpinisme : en été et sans neige, le col se franchit à pied. Mais il demande de la lecture de terrain et de l’autonomie. Si vous hésitez sur votre niveau global, notre page TMB : quel niveau faut-il, et comment s’entraîner ? vous aide à le situer.

Quand la variante est-elle praticable ?

Il n’existe pas de date fixe. Tout dépend de l’enneigement de l’hiver, des chutes de neige de printemps et de la chaleur de l’été. Le refuge Robert Blanc, voisin de la zone, prévient sur sa page randonnée que, selon les années et l’enneigement, l’accès au refuge et les itinéraires voisins peuvent être difficilement praticables au début de la saison estivale.

Un texte sur les variantes mentionne même une piste souvent enneigée au mois d’août dans l’un des itinéraires d’approche. En pratique :

  • Début de saison (juin, début juillet) : prudence maximale, névés fréquents sur la montée et la descente.
  • Plein été : la situation s’améliore en général, mais un hiver enneigé peut laisser des plaques tardives. Les gardiens des refuges de la zone publient parfois leurs observations, par exemple sur le blog du refuge Robert Blanc, qui détaillait en juillet 2024 des itinéraires voisins du col des Fours sans équipement spécifique nécessaire sur ce col à ce moment-là.
  • Fin de saison : le givre ou une chute de neige précoce peuvent rendre la descente glissante.

Pour décider, croisez trois informations avant le départ :

  1. La météo en montagne. Consultez les prévisions montagne de Météo-France pour le massif du Mont-Blanc la veille et le matin.
  2. L’état du terrain. Interrogez le gardien du refuge de la Croix du Bonhomme à la réservation et au dîner : il connaît la neige du jour.
  3. Votre plan B. Gardez le tracé classique par le col des Bonhommes comme option de repli, sans regret.

Notre page Quand faire le Tour du Mont Blanc ? Saison et neige détaille la saison, et la page Sécurité sur le Tour du Mont Blanc : météo, urgences rappelle les bons réflexes en cas de problème.

Équipement et précautions pour franchir le col

La consigne revient d’un texte à l’autre : entreprendre la variante par beau temps, avec de l’expérience, car le passage peut être plus difficile en cas d’enneigement tardif. Voici ce que nous vous conseillons d’emporter ou de décider avant la montée :

  • Chaussures de randonnée avec une bonne semelle, adaptées aux névés et aux pierriers.
  • Bâtons télescopiques, précieux pour la descente de 900 m.
  • Carte IGN et GPX chargé hors ligne : les refuges de la zone recommandent la carte et le topo pour cette variante sauvage.
  • Couches chaudes et coupe-vent, même par beau temps : à plus de 2 600 m, le vent et le brouillard changent vite la sensation.
  • Eau en quantité suffisante avant le col, plus de la crème solaire et des lunettes.
  • Une heure limite de demi-tour ou de bascule vers le tracé classique, fixée avant le départ.

Si un névé raide barre la montée ou la descente et que vous n’êtes pas équipé ni habitué à ce terrain, renoncez à la variante : vous perdez un panorama, pas votre tour. Notre liste de matériel pour le Tour du Mont Blanc vous aide à composer votre sac, et nos bonnes pratiques sur le Tour du Mont Blanc rappellent les règles de partage du sentier et de respect du milieu.

Ce que vous gagnez : panoramas et tranquillité

La variante offre des panoramas étendus sur les sommets et glaciers de Haute-Maurienne et de Haute-Tarentaise, selon plusieurs descriptions du col. La vue depuis le col de la Croix du Bonhomme est elle-même qualifiée d’incroyable par la fiche de la variante, et la crête qui prolonge le col donne le sentiment d’être au-dessus du tour.

Crête rocheuse surplombant les glaciers de Haute-Tarentaise

L’autre avantage tient à l’affluence. Le tracé classique est parfois très fréquenté ; la même fiche présente la variante comme une alternative quand il est surpeuplé. Si vous aimez marcher dans un cadre plus minéral, avec moins de monde, c’est un vrai argument.

Variante ou classique : comment choisir

Posez-vous ces questions dans l’ordre.

  1. Quelle est la météo prévue pour la journée ? Ciel dégagé et vent faible : la variante est envisageable. Brouillard, orage ou pluie : tracé classique.
  2. Quel est l’état du terrain ? Névés raides signalés : classique, sauf si vous êtes équipé et expérimenté.
  3. Quelle est votre forme après les deux premiers jours ? La variante demande plus d’attention et de jambes dans la descente.
  4. Qui marche avec vous ? Un groupe se cale sur le plus fragile : si une personne n’est pas à l’aise en terrain raide, prenez le classique.
  5. Que prévoyez-vous ensuite ? Une étape longue vers le refuge Elisabetta rend la fatigue plus coûteuse : notre page TMB étape 4 : Rifugio Elisabetta – Courmayeur montre la suite.

Ce n’est pas un test de mérite : beaucoup de randonneurs expérimentés prennent le classique par prudence, et ils ont raison quand les conditions l’imposent. Nous avons aussi regroupé les autres choix de ce type sur notre page Variantes du Tour du Mont Blanc : Fours, Arpette….

Notre point de vue

Nous construisons myTMB parce que la variante du col des Fours illustre bien le vrai problème de la planification du tour : la décision se prend sur place, mais ses conséquences se préparent des semaines avant. Un refuge à réserver, une étape à rallonger, un groupe à coordonner.

Notre approche : vous découpez le tour sur 4 à 12 jours, vous choisissez le sens, les variantes et les hébergements, et le planificateur recalcule les étapes avec profil, cols, points d’eau et horaires. Vous gardez le tracé classique et la variante dans votre dossier, et vous tranchez le matin selon la météo.

Le plan se partage avec vos coéquipiers sans qu’ils créent de compte. Pour un groupe d’amis, c’est ce qui évite les échanges interminables de captures d’écran. Et comme le Pass est un paiement unique, vous ajustez votre projet autant que nécessaire jusqu’au départ.

Charles

Intégrer la variante à votre plan avec myTMB

Le Pass myTMB donne accès au planificateur complet pour un paiement unique de 24,90 €, sans abonnement. Vous pouvez y choisir la durée de votre tour, intégrer la variante des Fours, sélectionner refuge, gîte, hôtel, camping ou bivouac, télécharger les fichiers GPX par étape et pour le tour complet, puis imprimer un roadbook avec profil, horaires, cols, points d’eau et hébergement.

My-tmb

Pour commencer, ouvrez le planificateur du Tour du Mont Blanc ou découvrez directement le Pass myTMB. Si vous devez encore réserver vos nuits, notre page sur la réservation des refuges vous évite les mauvaises surprises : le choix d’hébergement conditionne la longueur de votre étape avant le col.

FAQ

Où part exactement la variante du col des Fours ?

Elle part du col de la Croix du Bonhomme, juste après le refuge du même nom pour qui marche dans le sens antihoraire. Elle monte vers le col des Fours, puis redescend vers la Ville des Glaciers, où elle retrouve le tracé classique.

La variante est-elle plus courte que l’itinéraire classique ?

En distance, oui : environ 7,5 km contre 9,5 km selon une fiche de comparaison. Mais elle comporte plus de dénivelé positif et un terrain plus technique, donc elle n’est pas pour autant plus rapide. Prévoyez du temps supplémentaire.

Faut-il du matériel spécifique pour le col des Fours ?

En été et sans neige, des chaussures de randonnée solides, des bâtons, une carte et une tenue chaude suffisent en général. Si des névés sont signalés, renseignez-vous auprès du gardien du refuge de la Croix du Bonhomme avant de partir. En cas de doute, prenez le tracé classique.

Peut-on faire la variante en groupe ?

Oui, à condition que tout le groupe soit à l’aise en terrain raide et par météo stable. Convenez d’un point de décision commun le matin même. Avec myTMB, chaque coéquipier consulte le plan partagé et le GPX sans créer de compte.

Quand vaut-il mieux éviter la variante ?

Évitez-la en cas de mauvaise visibilité, d’orage annoncé, de névés raides ou de fatigue marquée. Elle se fait par beau temps avec de l’expérience. Le tracé classique reste toujours une option de repli valable.

Sources

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